Si
la chaleur est accablante en ce mois d'août 44, c'est surtout le
climat qui règne alors dans la capitale qui impose sa marque.
L'occupant est encore maître de la ville et la perspective de devoir
céder Paris aux forces américaines qui progressent désormais
rapidement rend l'état-major allemand particulièrement nerveux.
La
population se prépare à subir des combats probables, espérés ou
craints, et le risque d'un bombardement allié circule sur toutes les
lèvres. Pire, il se dit que, si elle devait fuir la capitale, la
Wehrmacht adopterait la politique de la terre brûlée, laissant au
vainqueur un champ de ruines en lieu et place de ce que les parisiens
estiment être la plus belle ville du Monde.
Il
ne se passe pas de jour ou de nuit sans que les sirènes hurlent sur
tous les toits et que, apeurée ou blasée, la population des
immeubles descende dans les abris de quartier. C'est, avec la quête
quotidienne d'une nourriture devenue rare, le lot quotidien de chaque
parisien.
Marie
Le Baill, la pharmacienne.
Marie
Le Baill (1918-2009) habite au 2nd étage d'un bâtiment
en fond de cour d'un immeuble de la rue Notre-Dame des Champs, cette
longue voie ombragée qui serpente du carrefour St-Placide à celui
de l'Observatoire. Elle y est arrivée il y a quelques années avec
ses parents depuis Brest, où elle est née il y a 26 ans, pour y
poursuivre et achever des études à la Faculté de Pharmacie toute
proche. Elle obtient le diplôme de Pharmacien le 12 octobre 1942,
aux heures les plus sombres de l'Occupation.
A
l'automne 42, Marie débute un travail de thèse de Microbiologie
qu'elle doit arrêter l'année suivante en raison de conditions
matérielles incompatibles avec un travail de recherche. Elle ne le
reprendra pas après la guerre, son environnement personnel ne le
permettant plus : à la demande de son futur mari, il lui fallait choisir entre les microbes et lui...
En
1940 puis 1943, elle a perdu sa mère Marie Morlais puis son père
François Le Baill. Depuis le 5 septembre 43, elle se trouve
désormais seule, bien loin d'une ville natale qui s'apprête
elle-même à être détruite sous les bombardements alliés. Fille
unique, sa famille est faite de cousines et de cousins, de tantes et
d'oncles avec lesquels elle tente de correspondre malgré les
incertitudes de l'acheminement du courrier. Suivant les ordres des
autorités allemandes et les conseils des Alliés, tous se sont
réfugiés dans les campagnes du Léon : Ploumoguer,
Saint-Renan, Plouzané...
La
solitude de Marie serait totale sans l'aide matérielle et
affectueuse d'un couple de voisins du 5ème étage de l'immeuble,
Monsieur et Madame Legrand. René Legrand, architecte dont la
notoriété se développera lors de la reconstruction de Royan, lui
tient un peu lieu de père de substitution et lui permet de
poursuivre son activité de pharmacienne aux Laboratoires Fournier
situés place de la Bastille, en allégeant le fardeau quotidien de
devoir trouver à manger.
Comme
de nombreux Bretons du quartier Montparnasse, Marie et ses parents
ont fréquenté avant la guerre le foyer culturel Kêr Vreiz au 43
rue Saint-Placide. On y parle du pays, on y rencontre diverses
personnalités de la littérature et de la musique bretonnes, on y
apprend le breton. La fréquentation de ce foyer se poursuivra durant
la guerre, puis longtemps après la Libération.
C'est
à Kêr Vreiz que le père de Marie, François Le Baill, contrôleur
principal des PTT, lui présente un ingénieur qui travaille pour le
même ministère. Si le titre d'ingénieur fait impression, plus
encore que le goût pour la culture bretonne, c'est celui d'ancien
élève de l'Ecole Polytechnique qui frappe alors la jeune
pharmacienne.
Jean
Renault, l'ingénieur des PTT.
Né
à Trémeur (Côtes-du-Nord), Jean Renault (1908-1978) est installé
à Paris depuis plusieurs années. Il a connu la capitale une
première fois à partir de 1925 lors de ses études supérieures en
classes préparatoires au lycée St-Louis puis à l'Ecole
Polytechnique, et enfin à l'Ecole Supérieure d’Électricité
(Supélec).
Affecté
d'abord à Rennes aux services des PTT, il revient faire carrière à
Paris à partir de novembre 1934 à la Direction de la Vérification
du Matériel puis, durant les années 40, à la Direction de
l'Enseignement située rue Barrault.
Malgré
ses incessants retours à Trémeur pour rendre de fréquentes visites
à ses parents instituteurs en retraite et à son neveu Louis, Jean
connaît la capitale depuis une dizaine d'années lorsqu'il
fréquente, pour ses loisirs, le foyer Kêr Vreiz. Il habite au 11
avenue de la Porte de la Plaine, dans le 15ème arrondissement, au
moment de son mariage. Il s'y est installé un univers douillet grâce
au mobilier acheté en janvier 36 chez P. Maurice, 11 faubourg
St-Antoine : une literie, un cosy d'angle, une table
portefeuille, un bahut et deux fauteuils en velours havane. Cela
tranche avec l'univers néo-breton bien ciré dans lequel vit Marie
Le Baill.
Jean
avait été mobilisé en 1939 lors de cette « drôle de
guerre » dont l'échec, en juin 1940, avait jeté sur le pays
le voile noir de la honte de l'occupation pour les uns, et le simple
besoin de se faire à l’existence de nouvelles institutions pour
les autres.
Entre
convictions politiques et besoin d'aller et venir, de se nourrir, de
travailler, de vivre au quotidien, chaque individu de la population
française oscille entre le noir, le gris et le blanc. Chez Jean
Renault comme chez beaucoup d'autres, le fort sentiment
d'appartenance à une identité culturelle et historique bretonne
distincte ajoute encore à la complexité des choix.
Un
mariage à haut risque.
De
l'automne 1943 au printemps 1944, Jean et Marie se fréquentent
régulièrement. Le fonctionnement chaotique des transports en commun
n'entraîne aucune difficulté à se rencontrer, à une époque où
les parisiens, pas la force des choses, marchent beaucoup.
Files d'attente aux boulangeries et chevaux de frise,
le quotidien des Parisiens en 1944.
Jean
dîne parfois chez Marie d'un repas composé du peu de nourriture
trouvée ce jour-là. Puis il regagne son domicile à pieds :
les usages de l'époque, tant du côté Renault que Le Baill, ne
doivent aucunement laisser planer la suspicion d'une relation hors
mariage. Jean est parfois invité chez Monsieur et Madame Legrand en
présence de Marie, et elle-même est invitée par Jean au restaurant
Marty avenue des Gobelins. Après le repas et un peu de marche, on se
quitte chastement en promettant de se revoir très vite.
Le
couvre-feu est imposé, et chacun doit régler sa vie et ses
déplacements en fonction des horaires décidés par l'occupant. Un
soir qu'elle revient un peu tard de Kêr Vreiz, Marie est arrêtée
par des soldats allemands dans une rue Notre-Dame des Champs alors
plongée dans une obscurité totale. Après contrôle, elle est
autorisée à rentrer chez elle.
A
Pâques 44, Marie est invitée pour la première fois au domicile de
ses futurs beaux-parents. Il s'agit pour ces derniers de faire la
connaissance de cette pharmacienne d'origine brestoise dont leur fils
leur dit le plus grand bien et, le cas échéant, de donner leur
accord au mariage que l'on pressent.
Le
voyage de Marie se réalise dans des conditions extrêmement
pénibles. En mai 44, le Débarquement allié n'a pas encore eu lieu
et l'ensemble du territoire est occupé par l'armée allemande. Mais
de nombreux actes de Résistance se déroulent chaque jour un peu
plus, le réseau ferré en étant une des cibles favorites.
Il
est convenu qu'elle doit descendre en gare de Lamballe où quelqu'un
viendra la chercher, mais des attentats près de Saint-Brieuc ont
coupé la voie et ralenti son train qui assurait un service omnibus
depuis Paris ! C'est donc épuisée et avec plusieurs heures de
retard que Marie arrive à Lamballe en plein milieu de la nuit.
Le
trajet de retour ne sera pas non plus des plus simples, une
interruption de la voie entre la gare de Bröons (qui dessert
Trémeur) et celle de Rennes obligeant les voyageurs à passer par
Lamballe, Dinan et Dol.
Au
début intimidée par ses hôtes, elle fait bonne impression. A
l'évidence, ses études et son attitude correspondent bien à
l'épouse que les parents de Jean souhaitent pour leur fils.
Celui-ci, de son côté, se félicite de ce bon contact et sent
l'approbation de ses parents. C'est désormais convenu : Jean et
Marie se marieront prochainement. Un premier obstacle, celui d'un désaccord parental toujours possible, est désormais surmonté :
aucun des deux futurs époux n'aurait pris le risque de forcer un
interdit, surtout pas Jean malgré ses 36 ans.
On
reste aujourd'hui un peu étonné de cette approbation parentale,
tant la personnalité et les valeurs de Marie Le Baill tranchent avec
celles de ses futurs beaux-parents. Marie est une citadine, très
urbaine dans ses habitudes, peu connaisseuse de la campagne et des
usages ruraux, notamment en matière d'alimentation. La pharmacienne
veille, munie de ses connaissances et de ses principes. Qu'importe,
sans doute n'y a-t-il pas là de quoi faire échouer ce projet
d'union.
Plus
surprenante encore est la tolérance observée par Jean Baptiste, le
futur beau-père, à l'égard des fortes convictions religieuses de
cette demoiselle pieuse et pratiquante. Cet ancien « hussard
noir de la République » semble souvent confondre laïcité et
anticléricalisme. Il a la pratique religieuse en horreur et, à son
décès en 1962, sa tombe ne portera pas de croix à sa demande.
Sans
doute a-t-il soufflé durant ces deux ou trois jours un vent de
bonheur et d'espoir partagé...
Marie,
fille unique longtemps choyée, avait perdu ses deux parents et la
question d'une autorisation ne se posait pas pour elle. Un accord
n'eût pourtant pas été gagné facilement du vivant de son père,
ainsi qu'elle l'a écrit en juillet 1993 dans une note retrouvée
après son décès : « Je ne me serais pas mariée tant
que mon père vivait : il y aurait eu trop de problèmes ».
La
décision du mariage étant prise, il reste en ces temps difficiles à
trouver une date et un lieu de repas. Le choix se porte sur le 12
août 44, les témoins seront Pierre Bertin, cousin de Jean, et René
Legrand à qui Marie doit beaucoup.
La
capitale est en pleine agitation. Les forces américaines, venant de
l'ouest, foncent vers l'Allemagne en contournant Paris :
contrairement aux rumeurs insistantes, il n'y aura pas de
bombardement allié sur la capitale. En revanche, le général Von
Choltitz tient encore la place et menace d'exécuter la demande
d'Hitler, raser les principaux monuments de la capitale ou, compte
tenu de ses moyens insuffisants, d'en faire au moins sauter tous les
ponts pour ralentir la progression des Alliés.
Le
12 août, jour du mariage, Jean et Marie se donnent rendez-vous à 10
heures 30 à la mairie du VIème arrondissement, à deux pas du
Luxembourg. A 10 heures 40, ils sont mariés lors d'une brève
cérémonie par un maire adjoint, André Arthus Bertrand, qui montre
une évidente nervosité.
Quatre,
elles sont à peine plus de quatre personnes présentes en mairie :
les deux mariés et les deux témoins, auxquels il faut sans doute
ajouter Madame Legrand, ainsi qu'Andrée Bertin, la fille du témoin
de Jean, et quelques voisins peu nombreux. Tous les moyens de
communication étant à l'arrêt, aucun membre des deux familles n'a
pu faire le voyage depuis Trémeur ou la région de Brest.
Malgré
les circonstances qui devraient apporter le bonheur dans chaque
esprit, chacun vit dans la crainte du lendemain.
Marie
essaye de ne pas penser à chaque instant à la bataille de Brest qui
s'est engagée la semaine précédente, et qui durera – elle
l'apprendra bientôt - du 7 août au 18 septembre. Le 12 août, sa
ville natale n'est pas encore rasée et son immeuble de la rue
Ducouëdic est encore debout. Il sera, paraît-il, le seul immeuble
du quartier à se tenir encore dressé à la fin des bombardements.
Le
14, toute la population civile finit d'être évacuée : les
belligérants se font désormais face à face et le commandant
allemand de la place n'entend pas se rendre, quoi qu'il en coûte à
la Wehrmacht et à la Kriegsmarine.
La
cérémonie religieuse se déroule en l'église Notre-Dame des
Champs, boulevard du Montparnasse, à deux pas de chez Marie. Il
s'agit de son église paroissiale, celle où ont été célébrées
il y a peu les obsèques de sa mère puis de son père.
Le
curé de la paroisse montre des signes de méfiance.
Quelles que soient les rumeurs, les sirènes poursuivent leurs
hurlements fréquents et les descentes aux abris sont impératives.
Il décide alors d'officier en sous-sol, et c'est dans la crypte de
l'église que se déroule le mariage religieux, à l'abri des risques
d'effondrement de l'église. Chacun, en tout cas, veut s'en
convaincre.
Marie
et Jean le jour de leur mariage
lors d'une halte au jardin du
Luxembourg.
Après
l'église, on se rend au restaurant. Malgré les difficultés
d'approvisionnement, il faut bien marquer l’événement et s'offrir
un repas. Nos mariés, leurs témoins et quelques amis gagnent à
pied l'avenue des Gobelins et s'installent au restaurant Marty, où
Jean Renault a son rond de serviette. Il est difficile d'imaginer le
menu à une pareille époque, mais on peut penser que les rutabagas
et l'infusion de chicorée y ont eu toute leur place.
Le
restaurant Marty, avenue des Gobelins.
Une
fois le repas pris, on discute évidemment des événements, on
marche un peu ensemble mais sans excès : le risque d'être
surpris dans une fusillade entre Résistants et soldats allemands est
réel. Chacun se sépare, rentre à l'abri tandis que les rumeurs
d'une insurrection de la population augmentent peu à peu.
Après
la fête...
La
fête a été brève et chaleureuse, mais le quotidien de Paris a tôt
fait d'occuper de nouveau tous les esprits.
Le
couple s'est installé chez la mariée, dont l'appartement est alors
suffisamment vaste. Dans une capitale où les logements vacants sont rares et chers, Marie cherche un hébergement pour son amie brestoise Madeleine Coatanéa qui s'apprête à venir travailler à Paris. Prudemment, Jean continue à payer durant
quelques mois le loyer de son ancien logement, dans
l'attente de l'arrivée de Madeleine qui s'y installe dès le début de 1945.
Six
jours après, la grève générale est décidée à Paris alors que
commence une insurrection populaire qui facilitera l'entrée par la
porte d'Orléans, le 24 août, de la 2éme division blindée
commandée par le général Leclerc. Dans le quartier de Jean Renault
et de Marie Le Baill, les événements se précipitent. Des
barricades sont érigées rue d'Assas et au carrefour Saint-Placide,
le Sénat alors quartier général de la Luftwaffe est pris pour
cible par les chars pour en déloger l'occupant.
Depuis
l’appartement de la rue Notre-Dame des Champs, on entend le
roulement des chars de la division Leclerc qui font vibrer les pavés
de l'avenue de l'Observatoire et du boulevard Saint-Michel, on entend
également les obus tirés sur l'Ecole des Mines et le
Sénat, formant dans les façades des trous que l'on peut voir encore
aujourd'hui.
La
cour intérieure du Sénat, peu après l'intervention de la 2ème DB.
Il
y a les troubles visibles, l'armée allemande qui se retire peu à
peu de ses derniers retranchements. Et puis il y a les actions de
l'ombre, celles que l'on ignore réellement ou qu'on ne veut pas
connaître.
Le
15 août, la prison du Cherche-Midi qui se trouve dans le même
quartier est ainsi vidée de ses occupants par la Wehrmacht. Qui en
est témoin, en ce jour de fête des Marie ? Nul ne le sait.
Les
prisonniers sont chargés dans des autobus et conduits à la gare de
Pantin. Tous sont des prisonniers politiques, que l'on regroupe avec
ceux venant du fort de Romainville, de la prison de Fresnes et du
camp de Compiègne pour former le dernier convoi de la mort. A 10
jours de la Libération de Paris, 2 200 hommes et femmes sont ainsi
conduits vers les camps d'extermination : la folie criminelle de
l'occupant, qui sait devoir quitter prochainement les lieux, ne
connaît pas de fin.
Les
femmes iront rejoindre à Ravensbrück le sort de dizaines de
milliers d'autres femmes, dont fait partie Delphine Morlais.
Qui
sait alors qu'une totale abomination vient de se produire ce jour-là
à quelques pâtés de maison du domicile conjugal, à quelques jours
de la libération définitive de la capitale ?
Et
dans la famille, qui sait qui est Delphine, la cousine éloignée de
Marie Morlais, mère de Marie Le Baill ? Comment imaginer, 80 ans
après, l'extrême cloisonnement de la société qui rend possible la
barbarie à proximité immédiate de la vie de chacun ?
Dans
cette capitale enfiévrée où les Résistants de la dernière minute
s’additionnent à chaque instant, il devient impossible de faire la
part des choses entre ceux qui savent et ceux qui ignorent, ceux qui
étaient pétainistes et qui se disent aujourd'hui gaullistes, ceux
qui prirent le risque de se lever dès le début et ceux qui le font
maintenant que l'ennemi est affaibli et que la capitulation approche.
C'est
dans le quartier Montparnasse, encore lui, celui de Jean et Marie,
que se décidera définitivement la libération de la capitale. Le 25
août, le général Von Choltitz signe la reddition de l'armée
allemande à la gare Montparnasse transformée en QG de la 2ème DB,
cette gare si souvent fréquentée par Jean Renault et Marie Le
Baill. La guerre est finie à Paris, mais elle ne l'est pas partout.
Marie
Le Baill s'inquiète pour ses cousins et cousines pris dans la poche
de Brest. Le journal lui apprend quotidiennement son lot de
désastres : Brest n'est plus, Brest est rasée. Le 9 septembre,
alors que la Wehrmacht refuse toujours de se rendre et que le siège
de la ville se poursuit sous les pires bombardements, l'abri Sadi
Carnot explose en faisant plus de 800 morts dont 330 civils. Marie
est folle d'inquiétude, elle ignore encore qu'aucun membre de sa
famille ne figure au nombre des morts. Cet abri, elle le connaissait
bien, elle qui était née 2 rue Ducouëdic que l'on dénommait
également 2 place Sadi Carnot...
Un
mariage, une histoire dans l'Histoire.
Jean-Marie
Renault
16
août 2025
Texte
garanti sans aucun recours
à l'intelligence artificielle.